Mon jardin...Poème

2 décembre

Christina Rossetti

J’aimerais rendre hommage aujourd’hui à une poétesse préraphaélite, qui fut à la fois une des icônes de ce mouvement crée notamment par son frère, et une grande figure artistique de son temps.
Femme engagée, pacifiste, contre l’esclavagisme, féministe et suffragette avant l’heure, elle sacrifia beaucoup à sa foi et son art.

Une grande partie de ses poèmes sont sur poetryfondation

Song

When I am dead, my dearest,
Sing no sad songs for me;
Plant thou no roses at my head,
Nor shady cypress tree:
Be the green grass above me
With showers and dewdrops wet;
And if thou wilt, remember,
And if thou wilt, forget.

I shall not see the shadows,
I shall not feel the rain;
I shall not hear the nightingale
Sing on, as if in pain;
And dreaming through the twilight
That doth not rise nor set,
Haply I may remember,
And haply may forget.

Quand je serai morte mon amour
Ne chante pas pour moi de chansons tristes
Ne plante pas de roses sur ma tombe
Ne la mets pas à l’ombre d’un cyprès
Ne laisse au dessus de moi que l’herbe verte
Mouillée de pluie et de rosée.
Et si tu veux, souviens toi….
Et si tu veux, oublie…..

Je ne verrai point les ombres,
je ne sentirai point la pluie,
je n’entendrai point le rossignol
continuer de chanter, comme s’il était douloureux :
et rêvant à travers le crépuscule
qui ni ne se lève, ni ne se couche,
heureuse, je pourrais me souvenir,
heureuse, je pourrais oublier. 


Echo 

Come to me in the silence of the night;
Come in the speaking silence of a dream;
Come with soft rounded cheeks and eyes as bright
As sunlight on a stream;
Come back in tears,
O memory, hope, love of finished years.

Oh dream how sweet, too sweet, too bitter sweet,
Whose wakening should have been in Paradise,
Where souls brimfull of love abide and meet ;
Where thirsting longing eyes
Watch the slow door
That opening, letting in, lets out no more.

Yet come to me in dreams, that I may live
My very life again tho’ cold in death:
Come back to me in dreams, that I may give
Pulse for pulse, breath for breath:
 Speak low, lean low,
As long ago, my love, how long ago.

Viens à moi dans le silence de la nuit ;
Viens dans le silence éloquent d’un rêve ;
Viens, les joues rondes et douces, les yeux étincelants
Comme un ruisseau ensoleillé ;
Reviens en pleurs,
O souvenir, espoir, amour d’années révolues.

Oh doux rêve, trop doux, trop amèrement doux
celui dont on devrait se réveiller au paradis,
Là, où les âmes débordent d’amour et se rencontrent ;
Là, où les longs yeux assoiffés
Jettent un regard vers la porte,
Qui s’ouvre lentement, Laisse entrer pour ne plus laisser sortir.

Pourtant, reviens-moi en rêve, que je revive
Ma vie bien que mortellement transie :
Reviens-moi en rêve, que je rende
Pulsation pour pulsation, souffle pour souffle :
Baisse la voix, penche-toi bien,
Comme il y a longtemps, mon amour, bien longtemps.

Passing and Glassing

All things that pass
Are woman’s looking-glass;
They show her how her bloom must fade,
And she herself be laid
With withered roses in the shade;
With withered roses and the fallen peach.
Unlovely, out of reach
Of summer joy that was.

All things that pass
Are woman’s tiring-glass;
The faded lavender is sweet,
Sweet the dead violet
Culled and laid by and cared for yet;
The dried-up violets and dried lavender
Still sweet, may comfort her,
Nor need she cry Alas!

All things that pass
Are wisdom’s looking-glass;
Being full of hope and fear, and still
Brimful of good or ill,
According to our work and will;
For there is nothing new beneath the sun;
Our doings have been done,
And that which shall be was.

[…] Toutes choses qui disparaissent
Sont le miroir de notre sagesse : Être plein d’espoir et de craintes, et toujours débordant de bonté ou de malveillance,
selon nos actions et notre volonté ;
Car il n’y a rien de nouveau sous le soleil;
Ce que nous avons fait est fait,

Et ce qui devait être, fut.

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